Vernissage a la galerie Paul Cheval. La construction est au milieu de la piece. 40 unites faites de contreplaque. L'artiste, allemand, arrive en tirolienne vert bouteille les cheveux gras et les dents jaunes. La cigarette s'ecrase sur les croquis. Précis meticuleux perfectionniste poetique emballant et spirituel son art contraste avec son geniteur. Le genie est un chieur. Le diner suit le vernissage. Je m'engoufre dans une voiture qui se dirige downtown. Les autres montent dans des taxis. On est 40. Ca fait un peu convoit. Le restaurant est thailandais chaleureux et petit. Le proprietaire m'accueil avec un verre de vin. J'avais déjà bu deux bieres. La soiree promet d'être arrosee. Je suis en retard. Je jette rapidement les cartes de placements avec des noms qui font rever le monde de l'art: les musees Ciphonie et CoCA, des grands collectionneurs, des commissaires d'expositions, le tout jeune nouveau directeur de la Maison de Pekin, des marchands histeriques de chelsea, des journalistes de magazines Bo Art. Tous sont la pour rendre hommage au genie de l'artiste. A 10 par tables qui d'habitude n'accepte que 8 gourmands ce petit monde se sert mechament. Heureusement dans l'art on est plutot mince (pour differentes raisons). Les plats se suivent et les echanges joyeux (a moins que ce soit l'effet du sake) s'enchainent. Je m'esquive de ma chaise coincee a un bout de table entre un autre genie (un artiste) et une jeune allemande aux yeux bleus qui vient d'arriver (a new York) et dont tout le monde se demande qui elle est. Je parle au genie du soir. Encore un pochtron de plus. Je fais des allers retour entre les tables tout en faisant semblant de faire en sorte que les invites aient assez a manger. Et a boire. Je joue mon role. Mon patron picole encore plus que les autres. Au moins autand que moi. Je lui dis en montrant du doigt le ventre bedonnant de son meilleur ami: Il attend un enfant? Mon patron a du trouvé ca tres drole. Il a dit: attends attends je vais le lui dire. Puis il s'en va.
Et la j'attrape les fesses de brian. Je me rappele encore du son de sa voix: "oh elle m'a attrape les fesses". Flanque du Johnny qui se tient a cote du lui (un ivrogne de plus a moins que lui ce ne soit la coke). Je suis bonne pour la rubrique potin du lendemain. Je lui ai trouve la fesse toute molle cette fois ci. J'ai du faire un air decu. "T'as le cul mou"! "Je vais te montrer si je suis mou", il m'a repondu. Avec le Johnny toujours flanque a ces cotes qui ricane betement. La discussion a derape: "tu m'as pas nique hier, tu me niqueras pas ce soir et jamais d'ailleurs". J'insiste: "je ne fais pas dans les petites bites". La le Johnny me regarde: "tu es mon nouvelle star", me dit il. Je joins le geste a la parole. J'ecarte mes doigts de 2 centiimetres. Pour expliquer visuellement ce que petit veut dire.. On est dans l'art après tout. Vulgaire et agressive. J'ai du instivement reagir d'un certain après coup que je n'ai pas oublie. Je retourne voir l'artiste. Les invites grande classe commence a fumer des cigarillos. Ca put. Les serveurs s'agitent. Vous pouvez pas fumer disent ils avec leur accent philippineau. Vous pouvez pas fumer. Comme si la fin du monde venait d'être annoncer. Paul fume. Je me dirige vers lui. Mais le petit au ventre bedonnant m'empeche. Mechant tegneux il me repousee. J'insiste. Je veux passer. Parler a mon patron du : ici c'est un espace nonfumeur. Je veux juste faire mon boulot. "Non. Putain casses toi d'ici" Brian m'attrape le bras et me repousse. Je fais quelques pas en arriere, incredule et choquee. On me regarde. "Est ce que ca va" un groupe me demande? Oui! J'attrape ma veste du dessus de ma chaise et je m'en vais.
J'entends l'autre con crier mon nom: "Elodie". Tout le monde a du l'entendre. La honte. Le ridicule tue. Le lendemain la barre du sake se mélange a celle du vin blanc. Je me traine au travail. L'artiste appele. "Comment vas tu"? Moi? "Je vais bien"! Il parait surpris. Il doit etre un peu plus humain que nous les newyorkers. Il rajoute: "Lorsque tu es partie, je me suis senti vraiement embarrasse pour toi. Brian a ete tellement grossier avec toi. Je ne comprend pas pourquoi.!". Je reponds du bout des mots: "j'essayai de dire a Paul de ne pas fumer".Et Je lance a l'artist un whatever qui le fait rire. Ca fait du bien de rire de ses conneries. L'artiste est le seul le lendemain de m'avoir dit quelque chose. "Si ca n'avait pas ete dans un contexte de travail, j'aurai carrement replique" j'ai rajoute. "Je lui aurais mis mon poing dans la gueule" dit l'artiste. Ces mots m'ont libere.
Thursday, October 16, 2008
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